Le travail d’illustrateur et les illustrations dans les livres de jeunesse

Que savez-vous des illustrateurs de livres de jeunesse ?
Le métier d’illustrateur est souvent placé au second plan, derrière le métier d’auteur. Pourtant son rôle est d’une grande importance, et son travail mérite d’être mieux connu du public.

Tout d’abord, un travail de collaboration.
L’illustrateur travaille la plupart du temps en collaboration avec l’auteur du texte, par l’intermédiaire de l’éditeur. La rencontre peut s’avérer très fructueuse lorsque le courant passe entre les deux artistes, mais surtout lorsque leurs imaginaires, leurs manières de penser sont proches.
Le regard de l’auteur aide et guide l’illustrateur. En effet, l’auteur a une vision bien claire de son histoire, et il attache de l’importance à des éléments que l’illustrateur ne mettrait pas forcément prioritairement en valeur.

Une brève histoire de l’illustration pour la jeunesse
Entre les premières images créées à l’intention des enfants pour des ouvrages pédagogiques tels que les abécédaires, et les ouvrages d’aujourd’hui, la distance est grande.
D’une part les techniques ont énormément évoluées, et d’autre part notre société et plus particulièrement la société des enfants-lecteurs a considérablement changé.
On peut ainsi distinguer trois temps dans l’histoire de l’illustration pour la jeunesse :
– Des origines à 1968, avec les premières images à l’intention des enfants : citons notamment le très connu Gustave Doré qui met en images les contes de Charles Perrault.

Gustave Doré, illustration (gravure) pour le petit Chaperon Rouge.

L’illustration de Gustave Doré a une fonction ornementale, mais elle propose aussi une interprétation du texte.
Le conte se présente comme un court récit, avec de nombreuses allusions mais sans réel détail dans les descriptions. Cette forme d’économie dans l’écriture, le rapide enchaînement des actions et la breveté des descriptions, permettent à l’image de dépasser la simple paraphrase et de venir enrichir le texte par des détails plus ou moins signifiants. Gustave doré choisit de ne pas représenter la dimension merveilleuse du conte.
Par son style, il sollicite les émotions du lecteur et l’invite à entrer dans les images. Il donne de la crédibilité à ses illustrations en mettant en valeur l’étrangeté, le drame et l’angoisse des situations.

– De 1968 à 1985, période où l’enfant devient un lecteur à part entière.
– Des années 80 à nos jours, où l’image s’émancipe du texte.

Une interaction essentielle de l’illustration avec le texte
La présence de l’illustration est une des grandes caractéristiques de la littérature de jeunesse et son interaction avec le texte est essentielle.
L’illustration de livres de jeunesse est un mode d’expression qui obéit à des règles précises, contrairement à la peinture qui,  elle, offre davantage de liberté à l’artiste. L’illustrateur doit toujours tenir compte de la tranche d’âges du public auquel il s’adresse.
Les illustrations pour la jeunesse sont le plus souvent le premier contact des enfants avec la création artistique et leur première initiation à la narration.
La valeur ajoutée apportée par les illustrations par rapport au texte nu est plus qu’évidente.
Tout en traduisant la sensibilité de l’illustrateur, son univers, ses références culturelles et ses couleurs, elles deviennent une manière de musique qui accompagne la lecture du jeune en le transportant dans la magie du rêve. L’illustration développe l’imaginaire des enfants, elle est une façon d’ouvrir l’esprit.
Non seulement l’image sert de révélateur pour le texte, mais aussi et surtout elle s’attache à transporter le jeune lecteur dans un espace de liberté tout en nourrissant son imaginaire.
En effet, le lecteur sans les images, se les imagine avec son univers. L’illustration est là pour proposer des pistes, pour proposer un regard et une interprétation autres. L’image doit aller au-delà du texte afin de séduire le lecteur.
Dans les images pour enfants, on constate une utilisation minimale des perspectives, un peu compliquées pour les enfants. L’illustrateur doit imaginer sans cesse pour mettre en images une histoire et lui donner une ambiance particulière.

Le petit chaperon rouge de Charles Perrault illustré par Christian Roux

La version initiale du texte est respectée. Le noir et le rouge dominent dans les illustrations, sur un fond associant le blanc au vert. Les illustrations sont ici dépouillées de tout détail inutile, on arrive donc à un résultat synthétique. Il s’agit d’une peinture émancipée.

Pour en savoir plus sur le travail d’illustrateur :

–  L’interview de Geoffroy de Pennart : auteur et illustrateur français d’albums à succès comme « le chapeau rond rouge », « le loup est revenu » ou encore « le loup sentimental ».

–  La vidéo de l’école des loisirs : Geoffroy de Pennart nous parle de son travail d’illustrateur, et détaille les différentes étapes de la réalisation des illustrations.

@FannyRegert

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About fannyregert

Etudiante en Master Documentation et système d'information à l'IUFM de Mérignac

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