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A la découverte de…

Il est auteur, il est comédien, il est slameur, il est écrivain pour la jeunesse, il est aussi poète, il est pourtant Terrien en étant tellement…! Son talent n’a pas de frontière et la littérature de jeunesse ne met pas suffisamment son nom en évidence c’est pourquoi cet article a l’intention de vous faire découvrir Monsieur Insa Sané (http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article1464

 

 

« Chouchou » des éditions Sarbacane et de la collection Exprim’, Insa Sané a publié quatre romans :

–          Sarcelles – Dakar (2006) : http://www.ricochet-jeunes.org/livres/livre/34847-sarcelles-dakar

–          Du plomb dans le crâne (2008)

–          Gueule de bois (2009)

–          Daddy est mort (2012)

 

Inspiré par le « monde de la musique » duquel il se dit venir, cet artiste a une plume incroyable. Ses livres traitent de thèmes qui intéressent les jeunes : des histoires de cœur au quotidien de la banlieue, en passant par les relations familiales ou amicales…Un auteur banal penserez – vous…NON !!!! Toute la virtuosité d’Insa Sané est de nous emmener dans son monde, de nous plonger dans ses histoires en changeant les mots en notes et le style en rythme.

 

Son premier roman « Sarcelles Dakar » reste le succès de sa « comédie urbaine », et c’est l’œuvre qui sera mise en lumière ici.

 

Le personnage principal de ce roman, c’est Djiraël, 19 ans, il fuit la fac et préfère traîner avec ses copains. Ensemble ils vendent de la drogue, fument de l’herbe. Djiraël respecte peu les filles qu’il préfère collectionner, il parle parfois en verlan et il est souvent vulgaire. A titre d’exemple, lorsqu’il croise Aïcha dans la rue, et qu’il obtient son numéro en moins de cinq minutes de conversation il se dit : « Moi j’ai pas la gueule de Denzel Washington mais j’ai de la tchatche. L’un dans l’autre, la tchatche c’est le meilleur atout pour serrer des meufs. Mon putain de palmarès le prouve ».

 

Vu ainsi, les professeurs documentalistes, bibliothécaires ou les amoureux de la littérature de jeunesse pourraient prendre peur !!! De grâce, passez outre cette provocation volontaire et venez atteindre le cœur de l’œuvre !!

La vulgarité et le langage « relâché » qui peuvent à première vue attirer le jeune lecteur, vont rapidement laisser la place à un langage poétique, à un vocabulaire élégant, parfois même difficile pour des adolescents de quatorze ans, âge auquel le livre est préconisé. Certes, le personnage principal a ses faiblesses…des faiblesses qui n’ont pas besoin d’être lues pour être imitées mais ce que met en exergue l’auteur, c’est davantage le parcours initiatique de Djiraël auquel le lecteur s’identifie. Si Djiraël est au début un jeune homme désœuvré, raison sans doute pour laquelle le jeune lecteur va emprunter ce livre, l’auteur emmènera finalement son lecteur vers d’autres horizons l’invitant à s’ouvrir au monde, à grandir, et à apprécier au passage toute la magie et la féerie des contes et des traditions africaines. Ainsi Insa Sané n’a-t-il pas son pareil pour nous faire basculer d’un monde rude, réel à un monde doux, imaginaire auquel nous croyons puisqu’il s’agit de se laisser bercer par la spiritualité et la beauté de la culture africaine qui donne envie de verser un peu d’imaginaire dans son quotidien afin de rendre ce dernier plus suave.

« Sarcelles Dakar » est en réalité un livre qui feint de nous attirer dans les méandres sombres du quotidien banlieusard, ou de la pauvreté africaine, des réalités évidemment visibles dans l’œuvre, mais l’histoire s’achève sur une tonalité positive qui pourrait être résumée en un mot : Paix.

 

Pour ces raisons cette œuvre ne mérite t elle pas de figurer dans les bibliothèques et les CDI ? Peut être pas juste à côté du rayonnage « prévention contre la drogue »…je vous l’accorde !

 

Enfin, permettez moi de vous faire partager l’un de mes passages préférés lorsque Bilal, le cousin de Djiraël dit à ce dernier :

« Il y a quelques jours, je regardais les vagues et je crois que j’ai réussi à comprendre ce qu’elles voulaient me dire. Bien sûr, j’ai eu du mal au début, parce que les vagues ont la sale habitude de parler toutes en même temps. Alors, je me suis concentré sur l’une d’entre elles et je l’ai écoutée. Tu veux savoir ce qu’elle m’a dit ?

L’homme est une vague. Une vague enfant de l’eau et de la Terre. Une vague née des profondeurs de l’océan par d’obscures et impénétrables voies. De l’abîme, la vague surgit à la surface du monde. Elle est indécise, fragile, presque intimidée par cet univers si différent du gouffre. Elle monte et descend. Elle n’est qu’une idée confuse, abstraite, flottant parmi une multitude d’incertitudes. C’est alors qu’elle voit poindre à l’horizon la question : « quel est ton but ? » Pour rassurer la petite vague, le jour lui offre des robes d’argent et la nuit lui dédie les plus belles parures d’or. Nourrie d’abondance, la vague ondule, fluide, diffuse et presque insouciante. Elle flâne, joyeuse, innocente et turbulente ; le ciel l’embrasse de ses lèvres bleues. La vague contemple autour d’elle une société qui a la couleur des plus beaux joyaux. Jusqu’à elle, le vent apporte du lointain un murmure. C’est peut être une fête, la petite vague a hâte d’y être. Les chatouilles de la brise lui soutirent des éclats de rire. Elle monte et elle descend. C’est l’âge espiègle où l’aube brille de mille promesses. Lorsque la question se présente à la petite vague, celle-ci sourit parce qu’elle pense connaître la réponse » (…) p. 62-63.

@eetcheveste

 

 

Aborder l’Histoire avec les enfants à travers les romans historiques : l’exemple des histoires de la mythologie et des textes fondateurs de la bible

Il est selon moi important de stimuler l’intérêt et de faciliter l’accès des jeunes lecteurs à notre patrimoine culturel et historique.  Et les romans historiques apparaissent comme un excellent moyen d’intéresser les enfants à l’histoire de notre civilisation.
Les Editions Nathan ont très bien compris cette importance, en créant deux collections de qualité. Cependant, rappelons que les romans historiques ne s’adressent pas uniquement aux enfants. En effet ils sont également très bien adaptés aux adultes souhaitant redécouvrir leur histoire.
C’est pourquoi je considère comme intéressant et important de vous présenter ces deux collections, et de vous inviter à découvrir et à lire les ouvrages qui les composent.

Une définition du Roman historique pour la jeunesse

« Le roman est une fiction, une invention d’auteur ; l’Histoire est la réalité du passé de l’humanité ». (Bertrand Solet dans Le roman historique, invention ou vérité ?)

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Bertrand Solet, Le roman historique, invention ou vérité ?, Editions du Sorbier, 2003.

Bertrand Solet est, depuis 1970, un auteur français d’une soixantaine de récits, et membre de la chartre des auteurs et illustrateurs de jeunesse.

Le roman historique, est donc un outil didactique qui se situe à la frontière entre respect de la vérité historique et imagination de l’auteur.

C’est une fiction ayant pour cadre le passé, avec une ambition de reconstitution et d’explication.
Le récit historique est un détour par le passé proposé par un auteur, pour transmettre un message à son jeune lecteur qui, grâce à l’identification aux héros, pénètre plus facilement dans ces univers temporels éloignés de lui.

Dans son ouvrage, Bertrand Solet dresse une typologie des romans historiques ainsi qu’un état des lieux de l’offre actuelle. Il propose une sélection d’ouvrages organisée par périodes clés de l’histoire.
Aussi il montre combien le roman historique pour la jeunesse a considérablement évolué en se renouvelant dans sa forme et en s’enrichissant dans ses contenus pour répondre à l’engouement croissant des jeunes.

Le roman historique : un outil pédagogique

C’est en 1867 que l’enseignement de l’Histoire devient obligatoire. Il vise à mettre en place chez les élèves « une mémoire collective, nationale, supposée cimenter un passé partagé, commun à tous, afin de les rassembler dans un même destin, nourri du même sentiment national ».
(Jean Vogler dans Pourquoi enseigner l’Histoire à l’école)

Aborder l’Histoire avec les enfants, cela a pour but de favoriser leur questionnement.
En effet, on considère que connaitre les événements du passé, permet aux enfants de mieux comprendre le présent et de construire ainsi de manière progressive les outils d’une pensée critique leur permettant de se forger leur propre jugement sur le monde qui les entoure.

Les collections de romans historiques des Editions Nathan Jeunesse

Aux éditions Nathan, Histoires noires de la mythologie, est une collection de romans dont le héros ou l’héroïne est un personnage légendaire de la mythologie grecque, romaine ou égyptienne, connu pour son destin tragique : Ulysse, Hector, Héraclès, Thésée, Ariane, Isis, Achille, Antigone, Phèdre, Psyché…

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Valérie Sigward, Le secret de Phèdre, Nathan, Histoires noires de la mythologie, 2004.


Ces romans sont des réécritures originales des grands mythes, emmenant le jeune lecteur à la rencontre d’un héros, et lui permettant ainsi de plonger à la découverte de notre patrimoine culturel.
Aussi, un dossier complet sur le mythe, son origine et la diversité de ses interprétations à travers les siècles, est proposé à la fin de chaque ouvrage pour satisfaire la curiosité et la soif de connaissance des jeunes lecteurs.

Dans la lignée des Histoires noires de la mythologie, les Histoires de la bible nous amènent à découvrir les histoires et les destins des personnages marquants de la bible, qui ont fondé notre civilisation et sont la base de notre patrimoine culturel.

Aussi, la lecture des ouvrages de la collection Histoires de la Bible est tout à fait adaptée à une classe de sixième, car tout en restant fidèles aux textes originaux, ils constituent des versions modernisées et des adaptations de qualités facilitant la connaissance et l’approfondissement des divers épisodes bibliques : Noé, Eve, Caïn, Judas, Moise…

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Flore Talamon, Noé face au Déluge, Nathan, Histoires de la Bible, 2012.

@FannyRegert

Le travail d’illustrateur et les illustrations dans les livres de jeunesse

Que savez-vous des illustrateurs de livres de jeunesse ?
Le métier d’illustrateur est souvent placé au second plan, derrière le métier d’auteur. Pourtant son rôle est d’une grande importance, et son travail mérite d’être mieux connu du public.

Tout d’abord, un travail de collaboration.
L’illustrateur travaille la plupart du temps en collaboration avec l’auteur du texte, par l’intermédiaire de l’éditeur. La rencontre peut s’avérer très fructueuse lorsque le courant passe entre les deux artistes, mais surtout lorsque leurs imaginaires, leurs manières de penser sont proches.
Le regard de l’auteur aide et guide l’illustrateur. En effet, l’auteur a une vision bien claire de son histoire, et il attache de l’importance à des éléments que l’illustrateur ne mettrait pas forcément prioritairement en valeur.

Une brève histoire de l’illustration pour la jeunesse
Entre les premières images créées à l’intention des enfants pour des ouvrages pédagogiques tels que les abécédaires, et les ouvrages d’aujourd’hui, la distance est grande.
D’une part les techniques ont énormément évoluées, et d’autre part notre société et plus particulièrement la société des enfants-lecteurs a considérablement changé.
On peut ainsi distinguer trois temps dans l’histoire de l’illustration pour la jeunesse :
– Des origines à 1968, avec les premières images à l’intention des enfants : citons notamment le très connu Gustave Doré qui met en images les contes de Charles Perrault.

Gustave Doré, illustration (gravure) pour le petit Chaperon Rouge.

L’illustration de Gustave Doré a une fonction ornementale, mais elle propose aussi une interprétation du texte.
Le conte se présente comme un court récit, avec de nombreuses allusions mais sans réel détail dans les descriptions. Cette forme d’économie dans l’écriture, le rapide enchaînement des actions et la breveté des descriptions, permettent à l’image de dépasser la simple paraphrase et de venir enrichir le texte par des détails plus ou moins signifiants. Gustave doré choisit de ne pas représenter la dimension merveilleuse du conte.
Par son style, il sollicite les émotions du lecteur et l’invite à entrer dans les images. Il donne de la crédibilité à ses illustrations en mettant en valeur l’étrangeté, le drame et l’angoisse des situations.

– De 1968 à 1985, période où l’enfant devient un lecteur à part entière.
– Des années 80 à nos jours, où l’image s’émancipe du texte.

Une interaction essentielle de l’illustration avec le texte
La présence de l’illustration est une des grandes caractéristiques de la littérature de jeunesse et son interaction avec le texte est essentielle.
L’illustration de livres de jeunesse est un mode d’expression qui obéit à des règles précises, contrairement à la peinture qui,  elle, offre davantage de liberté à l’artiste. L’illustrateur doit toujours tenir compte de la tranche d’âges du public auquel il s’adresse.
Les illustrations pour la jeunesse sont le plus souvent le premier contact des enfants avec la création artistique et leur première initiation à la narration.
La valeur ajoutée apportée par les illustrations par rapport au texte nu est plus qu’évidente.
Tout en traduisant la sensibilité de l’illustrateur, son univers, ses références culturelles et ses couleurs, elles deviennent une manière de musique qui accompagne la lecture du jeune en le transportant dans la magie du rêve. L’illustration développe l’imaginaire des enfants, elle est une façon d’ouvrir l’esprit.
Non seulement l’image sert de révélateur pour le texte, mais aussi et surtout elle s’attache à transporter le jeune lecteur dans un espace de liberté tout en nourrissant son imaginaire.
En effet, le lecteur sans les images, se les imagine avec son univers. L’illustration est là pour proposer des pistes, pour proposer un regard et une interprétation autres. L’image doit aller au-delà du texte afin de séduire le lecteur.
Dans les images pour enfants, on constate une utilisation minimale des perspectives, un peu compliquées pour les enfants. L’illustrateur doit imaginer sans cesse pour mettre en images une histoire et lui donner une ambiance particulière.

Le petit chaperon rouge de Charles Perrault illustré par Christian Roux

La version initiale du texte est respectée. Le noir et le rouge dominent dans les illustrations, sur un fond associant le blanc au vert. Les illustrations sont ici dépouillées de tout détail inutile, on arrive donc à un résultat synthétique. Il s’agit d’une peinture émancipée.

Pour en savoir plus sur le travail d’illustrateur :

–  L’interview de Geoffroy de Pennart : auteur et illustrateur français d’albums à succès comme « le chapeau rond rouge », « le loup est revenu » ou encore « le loup sentimental ».

–  La vidéo de l’école des loisirs : Geoffroy de Pennart nous parle de son travail d’illustrateur, et détaille les différentes étapes de la réalisation des illustrations.

@FannyRegert

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L’Escale du livre 2012

Focus sur la Journée Professionnelle

Du 30 mars au 1er avril 2012 le livre était à l’honneur au quartier sainte croix…

Patrick Duprat (http://www.cndp.fr/savoirscdi/societe-de-linformation/reflexion/le-choix-de-lire-du-necessaire-engagement-du-lecteur/le-choix-de-lire-les-videos.html#c6750 ), Inspecteur pédagogique régional, établissements et vie scolaire annonçait la couleur de cette dixième Escale du livre dès l’introduction de la conférence matinale en disant : « le livre n’est pas prêt de mourir ».
Pourtant s’il n’est pas prêt de mourir il est sévèrement concurrencé par les pratiques numériques et souvent délaissé pour un écran, notamment par le jeune public qui recherche l’attractivité…
Cependant à ceux qui prétextent ne pas «avoir le temps de lire », les auteurs Jérôme Lafargue (http://www.quidamediteur.com/NewFiles/livres/OmbresSilvestres.html) et Ricardo Sumalavia, invités à cette 10ème édition consacrée à la nouvelle et à la fiction, auraient sans nul doute répondu qu’une nouvelle ou une micro-fiction ne requiert pas de temps pour être lue, à la différence d’un roman par exemple. En revanche, la fiction courte comme la nouvelle engage davantage d’exigences de la part des éditeurs affirme Ricardo Sumalavia (http://www.espaces-latinos.org/sumalavia.php?PHPSESSID=5a47f08f5eadef802c7dcebd3c6d254b ), lequel se fixe déjà au préalable ses propres exigences en considérant que « le but de l’écriture est d’arriver au silence ».

Cette première conférence riche en débats entre libraires, auteurs, journaliste/critique et public a cédé le pas à une intervention dynamique et intéressante de Serge Dufour, directeur du CDDP Charente Maritime, qui a présenté une action pédagogique (http://www.crdp-poitiers.cndp.fr/cddp17/index.php?affzone=Actu&idactu=620) mise en œuvre avec des élèves de quatrièmes et troisièmes, visant à leur donner envie de lire et d’écrire. Cette démarche pédagogique aspirait à unir le livre et les nouvelles technologies. Pour ce faire les élèves devaient écrire une nouvelle à l’aide d’un auteur qui les corrigeait grâce à la communication électronique, dans le but de participer à un concours d’écriture. Auprès des élèves cette action a été un franc succès tout comme elle a enthousiasmé le public de l’Escale du livre (http://escaledulivre.com/ )qui s’est adonné à faire de nombreux commentaires ainsi que des interventions enrichissantes pour toute l’assemblée.

Par ailleurs, tout au long de la journée et du weekend c’était un plaisir de parcourir les différents stands proposés : activités pour et avec les enfants, siestes littéraires, lectures publiques, libraires venus présenter leurs nouveautés et coups de cœur…

Enfin bref, une dixième bougie soufflée par de belles rencontres, par le pouvoir des mots et par ceux qui leur donnent vie…

Pour ceux qui auraient manqué cet anniversaire, la prochaine fois que vous verrez ceci :

                    

…Venez donc faire escale!!!

@eetcheveste

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